Au chômage après les études : inscription à l'ORP, 120 jours d'attente et ce que tu touches vraiment
Un an après leur diplôme, les titulaires d'un master sont aujourd'hui presque deux fois plus souvent sans emploi qu'en 2023. Qui sort de l'uni sans poste tombe à l'ORP sur des règles spéciales : 120 jours d'attente, 90 indemnités journalières, montant forfaitaire au lieu du salaire — et des recherches d'emploi dès le jour où tu connais le résultat de tes examens. Le déroulement complet avec les vrais chiffres.
Auteur: Winn Chelini
Le diplôme est là, le poste non. Pour de plus en plus de diplômés, c'est en 2026 la norme et non l'exception : l'Office fédéral de la statistique a annoncé fin août que le taux de chômage des titulaires d'un master universitaire un an après le diplôme est passé de 3,9 à 6,4 pour cent. Qui s'inscrit à l'ORP dans cette situation atterrit dans un régime spécial que presque personne ne connaît avant d'y être : il y a de l'argent, mais moins, plus tard et moins longtemps que pour ceux qui viennent d'un emploi — et les obligations commencent plus tôt que la plupart ne le pensent. Voici tout le déroulement, avec les chiffres tirés de la loi et de l'ordonnance plutôt que du ouï-dire.
TL;DR - Quick Summary
En bref :
- Inscris-toi dès que tu connais le résultat de tes examens — au plus tard le premier jour pour lequel tu veux des indemnités. L'inscription peut même se faire avant le résultat ; à partir de là court l'obligation de recherches d'emploi
- 120 jours d'attente spéciaux au lieu des 0–20 habituels : ils ne comptent que les jours où tu es inscrit et remplis toutes tes obligations — en calendrier, ça fait environ cinq mois et demi sans argent
- Au maximum 90 indemnités journalières (environ quatre mois), pas 260 — sauf si tu as travaillé au moins douze mois à côté des études
- Montant forfaitaire au lieu du salaire : CHF 153 par jour avec un diplôme de haute école, dont 80 pour cent d'indemnité — environ CHF 2'650 par mois. Avant 25 ans et sans enfant, le montant est réduit de moitié : environ CHF 1'330
- Les étudiants qui travaillent et les personnes sortant d'apprentissage sont dans une autre situation : qui a travaillé douze mois soumis à cotisation dans les deux ans précédant l'inscription n'a pas de 120 jours d'attente et jusqu'à 200 indemnités journalières
Pourquoi ça touche tant de monde en ce moment
Les chiffres de l'OFS du 27 août 2026 décrivent une rupture, pas un creux : à côté du bond chez les masters universitaires, le taux chez les bachelors HES est passé de 3,4 à 4,9 pour cent. La part des diplômés de master qui ont eu de la peine à trouver un poste adéquat est passée de 30,0 à 44,1 pour cent — et 42,5 pour cent citent la situation économique comme obstacle, contre 23,8 pour cent en 2023. Les filières réputées sûres sont les plus touchées : sciences économiques à l'uni de 3,5 à 8,5 pour cent, sciences techniques de 2,1 à 4,8 pour cent, sciences humaines et sociales de 5,1 à 8,5 pour cent.
Côté ORP, même image : en janvier 2026, selon le SECO, 50'285 personnes avec un diplôme du tertiaire étaient inscrites au chômage, 21 pour cent de plus qu'un an plus tôt — un tiers de tous les chômeurs. L'entrée dans la vie active directement depuis la haute école est ainsi devenue l'un des plus grands groupes à l'ORP, et c'est précisément pour ce groupe que la loi prévoit des règles propres.
Les règles spéciales : qui elles touchent — et qui non
L'assurance-chômage est une assurance contre la perte de salaire. Qui n'a jamais eu de salaire n'a pas non plus payé de cotisations — normalement, il en faudrait au moins douze mois dans les deux dernières années (art. 13 LACI). La loi t'en libère si, durant ces deux ans, tu n'as pas été engagé pendant plus de douze mois au total pour cause de formation et si tu as habité au moins dix ans en Suisse (art. 14 al. 1 let. a LACI ; les dix ans n'ont besoin ni d'être consécutifs ni de précéder directement l'inscription). Libéré veut dire : tu touches des indemnités — mais sous trois restrictions qui tiennent toutes à cette libération.
| Règle | Après un emploi (12 mois de cotisation) | Directement après les études (libéré) |
|---|---|---|
| Délai d'attente | 0–20 jours d'attente généraux, selon le gain | 120 jours d'attente spéciaux (art. 6 al. 1 OACI) — plus les jours généraux, 0 ou 5 selon le montant forfaitaire |
| Nombre d'indemnités journalières | 260 (ou 200 avant 25 ans sans enfant) | au maximum 90 (art. 27 al. 4 LACI) |
| Gain assuré | ton salaire précédent | Montant forfaitaire : CHF 153/jour avec un diplôme de haute école (art. 41 OACI), réduit de moitié avant 25 ans sans obligation d'entretien |
| Recherches d'emploi | dès le licenciement, avant le chômage | dès la connaissance du résultat des examens — aussi pendant les 120 jours |
L'exception décisive : la période de cotisation à côté des études. Toute activité soumise à cotisation compte — le job d'étudiant, le stage rémunéré, le poste à temps partiel en activité accessoire. Si tu arrives à douze mois dans les deux ans précédant l'inscription, tu n'es pas libéré : pas de 120 jours d'attente, indemnités selon ton gain effectif (combiné avec le montant forfaitaire au prorata, art. 23 al. 2bis LACI), et jusqu'à 200 indemnités journalières avant 25 ans sans enfant, respectivement 260 au-delà. La directive du SECO cite expressément les étudiants qui travaillent comme groupe sans délai d'attente spécial. Ça vaut aussi pour les personnes sortant d'apprentissage : l'apprentissage en entreprise est une période de cotisation, donc pas de 120 jours — mais le gain assuré est chez elles aussi le montant forfaitaire, réduit de moitié avant 25 ans sans enfant.
Compte tes mois avant que l'ORP ne le fasse
Rassemble les certificats de salaire et les contrats de travail des deux dernières années — y compris le job à 20 pour cent au call center. Onze mois de cotisation, c'est le régime spécial avec 120 jours d'attente ; douze mois, c'est le régime normal. Un stage non rémunéré ou à peine rémunéré après le diplôme ne compte d'ailleurs ni comme période de cotisation ni comme formation s'il n'était pas nécessaire pour l'obtenir.
Ce que tu touches réellement — avec le calcul
Le chiffre qui circule sur les sites des unis — « CHF 3'220 par mois » — n'est pas ton indemnité. C'est le gain assuré, à partir duquel l'indemnité est seulement calculée. Le vrai calcul selon l'art. 41 OACI et l'art. 22 LACI :
- Montant forfaitaire avec un diplôme du tertiaire (haute école, formation professionnelle supérieure) : CHF 153 par jour. Sur le mois, que la caisse compte à 21,7 jours : CHF 3'320 de gain assuré
- Indemnité journalière = 80 pour cent de ce montant : CHF 122.40 par jour, environ CHF 2'656 par mois avant déductions sociales. Le taux réduit de 70 pour cent ne s'applique aux personnes sans enfant que si l'indemnité pleine dépassait CHF 140 — à CHF 122.40, donc non
- Avant 25 ans et sans obligation d'entretien envers des enfants : le montant forfaitaire est réduit de moitié (art. 41 al. 2 OACI) à CHF 76.50 par jour ; l'indemnité s'élève à CHF 61.20, environ CHF 1'328 par mois
- Au maximum 90 indemnités journalières : à 21,7 indemnités par mois, environ quatre mois de versement. Ensuite, le délai-cadre n'est pas terminé — seulement le droit
Avec un bachelor HES ou universitaire, c'est le même taux tertiaire de CHF 153 ; avec un diplôme du secondaire II (apprentissage, maturité sans études), c'est CHF 127. Et : apporte ton diplôme. La caisse fixe le montant forfaitaire sur la base du diplôme justifié — sans justificatif, elle calcule plus bas.
Le déroulement : du résultat des examens à la première indemnité
1. S'inscrire — tout de suite, pas après les vacances. La loi exige l'inscription « le plus tôt possible, mais au plus tard le premier jour » pour lequel tu demandes des indemnités (art. 17 al. 2 LACI). Pour les diplômés, ça veut dire : dès que le résultat des examens est là. L'inscription se fait en ligne via Job-Room ou en personne à l'ORP de ta commune de domicile, avec le numéro AVS, une pièce d'identité et les candidatures déjà envoyées. Tu peux même t'inscrire avant le résultat — la directive du SECO règle expressément ce cas ; tout ce qui suit court alors dès l'inscription. La raison de la hâte est simple : les 120 jours d'attente ne commencent qu'avec l'inscription. Chaque semaine où tu attends repousse la première indemnité d'une semaine. La checklist générale pour l'inscription à l'ORP vaut aussi pour toi.
2. Les jours d'attente ne se subissent pas — ils se gagnent. Ne compte comme jour d'attente qu'un jour où tu remplis toutes les conditions du droit (art. 6 al. 6 OACI) : inscrit, apte au placement, rendez-vous de conseil honorés, recherches prouvées. Les 120 sont des jours ouvrables — en calendrier, environ cinq mois et demi. Un mois où tu ne remets pas tes recherches ne compte pas, et par-dessus, des jours de suspension menacent de raccourcir encore le versement plus tard.
3. Recherches d'emploi dès le premier jour. L'obligation ne commence pas avec la première indemnité, mais avec la connaissance du résultat des examens — ou avec l'inscription, si elle était antérieure. La notice du SECO est claire : tu dois postuler à des postes vacants « déjà avant le début de votre chômage », si nécessaire aussi hors de ta profession. Combien, tu le conviens avec ton conseiller ou ta conseillère ; le canton de Fribourg cite pour les diplômés deux à trois candidatures par semaine. La preuve est due chaque mois jusqu'au 5 du mois suivant (art. 26 OACI) — le formulaire et les règles sont les mêmes que pour tout le monde.
4. Utiliser le délai d'attente — désormais aussi avec un stage. Depuis le 1er janvier 2026, les personnes libérées peuvent participer pendant le délai d'attente spécial à un stage professionnel de l'assurance-chômage (art. 6 al. 1ter OACI, art. 64a LACI). Demande-le activement au premier entretien de conseil : un stage ORP dans ton domaine, c'est de l'expérience professionnelle avec certificat — exactement ce qui manque aux diplômés par rapport aux personnes sortant d'apprentissage, et la raison pour laquelle la SRF décrit justement l'apprentissage comme un atout sous-estimé.
5. Après 90 indemnités journalières. Le droit est épuisé, le délai-cadre continue de courir. Un emploi à durée déterminée ou un gain intermédiaire pendant le délai-cadre crée une période de cotisation — et avec douze mois, un nouveau délai-cadre normal avec 200 ou 260 indemnités journalières. C'est la vraie raison de ne pas voir un gain intermédiaire comme une déchéance.
Postuler depuis le régime spécial
Deux à trois candidatures par semaine pendant cinq mois et demi, ça fait 50 à 70 candidatures avant la première indemnité — dans un marché où chaque annonce reçoit jusqu'à 50 pour cent de candidatures en plus qu'il y a un an. La tentation est de remplir le quota avec des copies. C'est l'impasse, parce que l'ORP voit ensuite ces mêmes candidatures : les conseillers lisent la preuve, et une pile de lettres identiques est le chemin le plus rapide vers une discussion sur la « qualité des recherches d'emploi ».
Ce qui compte dans la pile d'un diplômé est différent de chez les professionnels :
- Rendre visible l'expérience que tu as. Projets de semestre, stages, le travail de master avec un partenaire de terrain, l'association où tu as tenu le budget — formulés comme de l'expérience professionnelle, avec résultat et chiffre, pas comme une liste de modules. Les exemples de CV par métier montrent à quoi ressemble un CV de premier emploi en Suisse
- Postuler à 60 pour cent. Les diplômés remplissent rarement toutes les exigences — ce n'est pas une raison pour s'abstenir, mais une raison de nommer l'écart dans la lettre au lieu de le cacher
- Chercher à côté de l'annonce. Si les chiffres de l'OFS disent une chose, c'est que les postes ne sont pas là où les diplômés cherchent. Les candidatures spontanées comptent à l'ORP — et dans les PME qui ne publient jamais sur jobs.ch, la concurrence est d'une personne au lieu de trois cents
Là où preparAItor intervient
Le régime spécial punit deux choses : le temps perdu avant l'inscription et la masse sans qualité. Les deux se rattrapent avec des outils :
- CV Health Check : le premier CV après les études a des faiblesses typiques — des modules au lieu de résultats, pas de profil, pas de chiffres. Le check les montre avant que l'ORP ne les voie
- Match Check par annonce : pour les candidatures à 60 pour cent, il montre quels 40 pour cent manquent — et si la candidature est une vraie chance ou juste un trait dans la preuve
- Dossier complet par poste : CV adapté à l'annonce, lettre avec recherche d'entreprise, e-mail — des minutes au lieu d'heures par candidature, pour que trois candidatures par semaine trouvent leur place à côté du stage ou du gain intermédiaire
- Le tracker comme preuve : la liste mensuelle pour l'ORP à partir des candidatures que tu as faites de toute façon
Sources
- Fedlex – Loi sur l'assurance-chômage (LACI), art. 13, 14, 17, 18, 22, 23, 27, 64a
- Fedlex – Ordonnance sur l'assurance-chômage (OACI), art. 6, 19, 26, 41
- SECO – Bulletin LACI IC (directive aux organes d'exécution)
- arbeit.swiss – Inscription à l'ORP
- SECO – Notice Droits et obligations de la personne assurée (2026)
- Canton de Fribourg – Au chômage : droit après la formation
- UZH Career Services – ORP
- Service de consultation des hautes écoles bernoises – Chômage après les études
- SRF – Recherche d'emploi difficile pour les diplômés des hautes écoles (enquête OFS, 27.08.2026)
- SECO – La situation sur le marché du travail en janvier 2026 (tableau par niveau de formation)
- SECO – La situation sur le marché du travail en juillet 2026
- SRF – Apprentissage : un atout sous-estimé sur le marché du travail
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About the Auteur
Winn Chelini is a career expert at preparAItor, helping thousands of job seekers land their dream positions through AI-powered tools and strategies.
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